Depuis quatorze ans, Anne Matalon luttait contre un cancer dont elle savait qu’elle ne guérirait plus. Avec la réalisatrice, une amie de longue date, elles décident de filmer ce que signifie la vie avec un cancer chronique, comment on apprivoise la maladie et comment on garde, malgré tout, le goût de vivre. Mais très vite, le cancer la rattrape. Elle avait préparé ce moment, elle qui voulait choisir le moment et la manière. Mais quand ce temps est venu, elle se heurte à des impossibilités, grandes et petites, et la réalisatrice filme une dépossession. En s’ancrant dans cette histoire tragiquement banale, avec un grand amour de la vie, le film questionne comment on meurt mal aujourd'hui.

Film soutenu par la commission de sélection d'images en bibliothèques :

«Nous avons décidé d’en faire un film à deux voix». Mise en exergue, cette phrase résume parfaitement l’ambiance du film, décontractée malgré la gravité du sujet. Elle témoigne aussi de l’accord plein et entier de la malade, son désir de communiquer avec le monde au-delà de la mort et de montrer que la maladie s’apprivoise, qu’elle peut être tenue à distance. Au-delà de l’attachement à cette personne, l’intérêt du film réside aussi dans les 1001 détails pratiques et retours d’expérience qui sont proposés au spectateur. Les moments de plaisir avec les amis et la famille, les échanges lors de réunions avec un groupe de parole ne sont pas oubliés, peutêtre pour apporter un contrepoint à la question du suicide assisté qui irrigue tout le film. Faire un tel film est une entreprise difficile pour un cinéaste, car l’urgence de filmer doit s’effacer devant le respect et l’empathie. C’est le cas ici et si Anne Kunvari a choisi de nous faire sourire plutôt que pleurer, c’est sûrement pour garder un portrait chaleureux et doux de son amie.





En cours de chargement ...

On en parle dans nos actualités