Les Rêves dansants, sur les traces de Pina Bausch

En 2008, Pina Bausch décide de monter une nouvelle version de Kontakhtof, l’une de ses pièces emblématiques, avec des jeunes de 14 à 16 ans n’ayant aucune expérience de la danse contemporaine. Ce documentaire retrace l’aventure vécue par ce groupe d’adolescents au contact de la danse et de la célèbre chorégraphe allemande.

L’espace d’une heure, on assiste à leur traversée du spectacle, depuis les auditions préliminaires jusqu’à la première. Quelques mois avant sa mort, la fondatrice du tanztheatre transmet son regard sur son art avec la même sincérité que celle qui imprégna son processus créatif tout au long de sa vie.

La plupart des films consacrés à la danse sont de simples captations de spectacles, permettant leur diffusion à un public plus large que celui confiné dans les gradins des théâtres. La magie de ce documentaire est qu’il nous plonge au cœur de la création, nous en dévoile toutes les facettes. On découvre ainsi la manière unique qu’avait Pina d’inventer sa danse, de susciter le mouvement, dans une communion sincère avec ses interprètes.

La singularité de la danse contemporaine tient à ce qu’elle se nourrit de tout élément qui se présente à elle. Chaque environnement, chaque son, chaque objet, chaque espace, de même que chaque personne démultiplie son champ des possibles. C’est pourquoi elle se réinvente en permanence et qu’elle est si difficile à définir. Parce que tout individu porte en lui une particularité qu’il est susceptible de lui apporter, pour la transformer.

Pina Bausch l’avait très bien compris. Elle n’était pas l’un de ces chorégraphes scripturaux qui s’exercent à composer des enchaînements de gestes pour attendre que d’autres les restituent à l’identique. C’est pour cela qu’elle a pu proposer trois fois la même pièce, jouée par trois générations différentes, issus de milieux très éloignés, en trouvant son public à chaque reprise et en le touchant en plein cœur.


Les Rêves dansants. Sur les traces de Pina Bausch, d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann (2011).